Épinglage - 11/04/2026 cours 3, Katty Langelez-Stevens
- 17 août
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Lors de son cours Katty Langelez a proposé de construire un « laboratoire » en proposant quatre cas d’adultes, deux cas de schizophrénie et deux cas d’autisme. Ces quatre cas ont permis d’illustrer le schéma L de Lacan et de le moduler en fonction de chaque sujet et de ses solutions.
Pour commencer l’illustration de ses cas, Katty Langelez a repris les traits de structure qui rassemblent les deux cas de schizophrénie présentés. Ainsi, tous deux ont un rapport au corps éclaté, ils tiennent difficilement en place et ont besoin de bouger pour gérer l’excès qu’ils ressentent. Chez chacun d’eux, la sexualité les déborde et les envahit. La sexualité est située au lieu de l’Autre ce qui fait qu’ils sont tous deux érotomanes. Leur rapport à la langue est persécutif : l’un est perplexe vis-à-vis des mots qui lui sont adressés, l’autre est prise dans le transitivisme et les paroles deviennent très vite injonctives. Pour chacun d’eux, le lieu de jouissance se situe dans la langue. Le corps n’est pas enserré dans l’image qui constituerait le vase qui enrobe les fleurs [1] ainsi l’identification n’est pas stable. Il en résulte un rapport aux autres extrêmement compliqué, envahissant et persécutif.
Pour ces deux cas de schizophrénie, Katty Langelez met en lumière le fait que l’objet regard est plutôt constructif que dévastateur. De fait, ce dernier vient faire obstacle à la voix en restaurant un axe imaginaire. Katty Langelez utilise ces deux cas pour établir l’hypothèse que la solution du sujet schizophrène est un recours à l’imaginaire. Imaginaire qui est non stabilisé par le symbolique puisque dans la schizophrénie, le symbolique est réel.
Ensuite, Katty Langelez a repris les éléments cliniques saillants de la structure de l’autisme avant d’illustrer ses deux cas. Ainsi, elle pointe ce qu’elle nomme « une allergie au surmoi ». L’autiste a affaire à un Autre féroce, un Autre réel. Elle note l’absence de sexualité, ou du moins l’absence de lien avec les autres. La structure autistique se démarque également par la présence d’une carapace autistique qui semble être une réponse à cette « allergie du surmoi ». Ainsi, l’immuabilité fait partie des mécanismes de défenses dont l’autiste dispose pour se créer cette carapace. Cette immuabilité disparait ou diminue par le travail mis en place lors de l’accompagnement de ces sujets. Le reste de la carapace peut également disparaitre ou diminuer.
Après avoir présenté ces deux cas d’autisme, Katty Langelez met en lumière l’absence de transitivisme chez ces sujets. Elle souligne que sur l’axe imaginaire il n’y a rien. Ainsi, le rapport à l’autre est toujours pris dans l’ordre du réel et du double autistique qui n’est pas imaginaire. Autour du grand Autre il y a une lalangue agglutinée dont le sujet tente d’extraire des S1 qu’il utilise ensuite comme des objets qui font bord entre lui et l’autre. De petites lettres de jouissances sont ainsi sculptées et peuvent s’échanger.
Katty Langelez adapte également le schéma L à la structure de l’autisme. Ainsi, en place du Es, elle met la bouche orale qui laisse peu de place à celle dont sort la voix. Katty Langelez fait alors référence aux deux bouches dont parle Lacan dans le séminaire XII. Il s’agit de la bouche de l’oralité et la bouche de la voix. Dans l’autisme, il n’y en a qu’une seule, celle de l’oralité. Celle de la voix tente de se construire. Il s’y trouve également la pulsion agressive.
Sur l’axe imaginaire, il n’y a rien, ce n’est pas relié. À la place du grand Autre, il y a la pierre de la lalangue, qui ne représente pas le sujet ni par la voie imaginaire, ni par la voie symbolique. Ce symbolique est réel et jouit du sujet, il le percute. Ainsi, le sujet présenté dans le premier cas se construit une solution qui est la carapace autistique. Il se représente alors comme un visage recouvert d’une spirale qui l’entoure.
La carapace autistique est donc les mécanismes de défenses que le sujet construit contre l’Autre féroce parce que ce qui fait difficulté, ce qui vient de cet Autre est réel, est agglutiné. On peut dire qu’à cet endroit là il y a soit la forclusion du S1 soit la forclusion du trou.
Ainsi, l’absence de l’axe imaginaire est une conséquence de la forclusion du S1, la forclusion du trou. C’est-à-dire, la forclusion de la possibilité de se représenter en tant que sujet ou la forclusion de tout le symbolique et le réel. C’est une allergie au grand Autre pas en tant que symbolique mais en tant qu’il doit être incarné. Le sujet autiste est en difficulté quand l’Autre doit être incarné par quelqu’un. C’est de cette incarnation et de la menace de dévoration qui l’emporte dont doit se protéger le sujet.
Epinglage effectué par Lorraine de Montjoye avec la collaboration de Katty Langelez-Stevens.
[1] Reference au contenu du Séminaire 1 de Jacques Lacan




