Épinglage - 11/04/2026 cours 2, Juliette Lauwers
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Juliette Lauwers a été invitée au cours 2 pour prolonger les questions qui y ont été traitées cette année à la Section clinique de Bruxelles. S’est ensuite poursuivie une conversation avec les enseignants.
Voici quelques réflexions qui m’ont intéressée :
La psychanalyse recherche « le point de vue singulier » ; c’est un point de vue anti-diagnostic dit Jacques-Alain Miller. C’est fort ! Mais attention, il ajoute : « Le diagnostic vient de surcroit ».
La structure se trouve arrimée à la singularité, elle est à entendre comme structure singulière de la langue du sujet, du sujet comme effet du langage. Comme effet du langage veut dire que son entrée dans le langage en a fait un sujet. Ce n’est pas un individu, un patient, la psychanalyse traite des sujets, des parlêtres. La structure c’est l’articulation de quatre éléments : Sujet barré, S1- S2, et objet a (Choses de finesse en psychanalyse, JAM, p.34) . Le binaire essentiel en psychanalyse Forclusion/ Refoulement résulte de la structure. Que nous nous situions dans la clinique continuiste ou discontinuiste n’y change rien.
Par exemple, Lacan, en 1976 (contemporain du séminaire « Le Sinthome ») commente après une présentation de malade: « La psychose n’a pas tout gagné». Eh bien, c’est incompatible avec un diagnostic de catégorie.
Dès le premier enseignement de Lacan, dans la clinique discontinuiste, il y a une coexistence de la singularité et de la structure. Ensuite, avec le dernier enseignement, la structure se noue à la singularité dans une consistance, un nœud. Il n’y a donc jamais eu de catégorie. La catégorie appartient à la psychiatrie.
C’est la raison pour laquelle il n’y a pas à privilégier le premier enseignement pour le second, ni l’inverse. Je propose d’ailleurs que le dernier enseignement de Lacan ne soit pas complémentaire du premier enseignement mais supplémentaire. Comme LOM, le clinicien est libre de se situer des deux côtés du tableau. Ceci engage la singularité du clinicien.
(…)
Parce que, par définition, le sujet est perdu, le S2 articulé au S1 lui est nécessaire pour qu’il puisse construire un savoir, qu’une signification se produise.[…] Pour l’illustrer, Lacan dans une présentation de malade à Sainte-Anne, vérifie qu’une patiente réagit à l’articulation de son symptôme avec le S2 qu’il lui tend. Lacan parie alors logiquement sur la possibilité que la patiente reprenne sa vie en main, malgré un tableau clinique alarmant lors de son hospitalisation. Il peut conclure une présentation par une prédiction optimiste, comme c’est le cas ici ou, à l’inverse, au sein d’une même catégorie diagnostique de psychose, il peut se montrer pessimiste. Un autre patient diagnostiqué paranoïaque, souffre de paroles imposées. Pendant l’entretien , Lacan tente de lui présenter un S2 : il reprend la formule poétique du patient pour se décrire « Je suis un cercle solitaire sans borne ». Lacan y prélève un S1 (le cercle) et lui notifie qu’un cercle par définition, a des bornes ; il lui propose un S2. Lacan insiste mais le patient ne peut se l’approprier. Lacan fait part à l’équipe soignante d’un pronostic pessimiste.
Epinglage effectué par Sophie Boucquey, participante à la Section clinique de Bruxelles.




