Épinglage - 06/12/2025 cours 1, Nathalie Crame
- 2 mars
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Pour Lacan « la phobie est un symptôme, une réponse à la rencontre traumatique que fait l’enfant, et Lacan précise, sans pouvoir avoir recours au père réel qui est carrent. […] La nouveauté du Séminaire IV est d’introduire au cœur de la relation d’objet jusque là duelle, l’objet qui joue sa partie avec la castration, le phallus. […] La mère est une femme qui cherche dans l’enfant la réponse à son manque phallique. Lacan rapprochera ce désir maternel à un appétit inassouvi ; il fait donc d’elle une figure dévorante. »
Nathalie Crame met en exergue le thème de la dévoration, qui se trouve toujours dans la structure de la phobie. Un chiasme est à situer dans la dialectique de la frustration – vrai centre de la relation mère-enfant selon Lacan. La frustration se joue entre amour et jouissance. La mère symbolique avec l’objet réel passe à la mère réel avec l’objet symbolique ; d’objet de satisfaction – objet réel, il devient don d’amour – objet symbolique. L’objet devenu symbolique dépend alors de la puissance maternelle. Un embranchement vers la paranoïa est possible, d’être face à une mère réelle toute-puissante, « l’enfant est alors placé devant cette ouverture d’être le captif, la victime, l’élément passivé d’un jeu où il devient la proie des significations de l’Autre » (Lacan, 1994, p.227).
L’affaire de dévoration, d’abord imaginaire, va devenir une élaboration signifiante avec la phobie. Le premier habillement de la phobie sera associé au thème de la dévoration ; c’est le cheval qui mord dans le cas du Petit Hans. Lacan fait de la morsure un élément déterminant dans la phobie, il l’écrit par un mathème : le petit m, qui prend de nombreuses déclinaisons dans le cas du petit Hans. Nathalie Crame souligne que Lacan fait ainsi de la morsure un signifiant en soi, c’est que les mots eux-mêmes deviennent le support de cette dévoration.
« La thèse que soutient Lacan dans ce séminaire, dit Miller, c’est que le problème de l’obscurité de la jouissance de la mère comme femme et de la jouissance phallique n’est pas soluble sous le règne de la mère. L’impasse que rencontre Hans avec sa mère requiert l’introduction d‘un signifiant supplémentaire. C’est, selon Lacan, le père qui est appelé à incarner ce signifiant, il doit arriver en quatrième élément dans le ternaire que forme l’enfant, la mère et le phallus imaginaire. Faute que ce soit le père comme signifiant, Hans s’empare du signifiant ‘cheval’. Il se fraye ainsi un issue face au réel qui se présente à lui, d’abord avec le symptôme de la phobie (morsure du cheval) puis par ses constructions fantasmatiques. »
Écho proposé par Dorothée Cols participante à la Section Clinique de Bruxelles,relu par Nathalie Crame.
Références :Lacan, J. Le Séminaire Livre IV, La relation d’objet. Éditions du Seuil, mars 1994.
Miller, J-A., Donc. Leçons du 2 et 16 mars 1994. Ce cours est disponible sur internet.




